09.10.2026 · Signal Titans Editorial
Du cycle de six semaines au porte-avions : la mutation opérationnelle de Faire sous la direction de Max Rhodes
Comment Max Rhodes a adapté la structure de Faire, passant des sprints de six semaines au stade d'amorçage aux revues par piliers pour plus de 1 000 salariés.

Avant de cofonder la plateforme de vente en gros en ligne Faire, Max Rhodes a travaillé comme l'un des premiers responsables produit chez Square, où il s'est concentré sur Cash App tout en participant à la création de Square Capital. Début 2017, Max Rhodes et ses cofondateurs ont rejoint la promotion W17 de l'accélérateur Y Combinator avec un modèle opérationnel agile. Durant cette phase d'amorçage, la jeune entreprise fonctionnait selon un cycle produit strict de six semaines, une prise de décision centralisée et des réunions quotidiennes rassemblant toute l'équipe afin de maintenir l'alignement de chacun sur les objectifs d'exécution immédiats.
L'ère de la vedette rapide et des sprints de six semaines
À mesure que Faire gagnait de la vitesse, Y Combinator a maintenu son soutien en l'intégrant à son programme F18 Growth, en menant son tour de financement de série B et en participant à toutes les levées suivantes, de la série C à la série G. Cet apport de capital a permis à Faire de développer ses opérations. Cependant, le style de gestion directe qui convenait à une petite équipe initiale a rapidement montré ses limites. Au départ, Max Rhodes menait lui-même des réunions bimensuelles de revue d'activité avec chaque équipe produit. Cette méthode s'avérait efficace quand Faire ne comptait que trois équipes, mais la croissance des effectifs a fini par créer des goulots d'étranglement opérationnels.
Dépasser les quinze équipes grâce aux piliers stratégiques
Le point de rupture opérationnel a été atteint lorsque Faire a dépassé le seuil des 15 équipes distinctes. L'organisation de réunions de revue bimensuelles individuelles avec chaque équipe devenait irréalisable pour la direction. Pour éviter les blocages au niveau exécutif sans risquer d'isoler les équipes dans des silos cloisonnés, Max Rhodes a restructuré l'organisation. L'entreprise a regroupé les équipes produit au sein de divisions fonctionnelles plus larges, appelées piliers. Au lieu d'évaluer des dizaines de petites équipes séparément, la direction s'est tournée vers l'examen de piliers complets lors des revues d'activité bimensuelles, préservant ainsi la visibilité centrale tout en accordant de l'autonomie aux équipes.
Unités autonomes et horizons de six mois
Alors que Faire franchissait la barre des 1 000 employés, l'organisation s'est éloignée des sprints de développement de six semaines pour adopter des cycles de planification produit de six mois. Pour exécuter la stratégie sur ces horizons plus longs, les équipes ont été réorganisées en unités autonomes. Chaque unité disposait de son propre personnel technique et commercial, concentré sur la progression d'indicateurs spécifiques directement reliés aux objectifs majeurs de l'entreprise. Afin de maintenir l'alignement entre ces unités indépendantes sans multiplier les réunions quotidiennes, Faire s'est appuyée sur des outils de documentation comme Notion et Google Slides, créant un répertoire partagé pour les étapes clés des projets, les feuilles de route stratégiques et l'historique des objectifs.
Ancrer la culture par l'alignement institutionnel
Pour maintenir la cohérence de ces équipes décentralisées sur des cycles semestriels, Max Rhodes a mis en place des documents de stratégie globale élaborés avec l'équipe dirigeante et actualisés tous les six mois. La direction a combiné ces canaux de communication à des mécanismes explicites pour consolider les valeurs de l'entreprise. Des principes fondamentaux tels que « chercher la vérité » ou « embrasser l'aventure » ont été intégrés directement dans les cycles d'évaluation des performances. Max Rhodes a institutionnalisé ces valeurs dans toute l'organisation en organisant des félicitations hebdomadaires pour les collaborateurs et en créant des prix trimestriels récompensant les employés incarnant le mieux ces principes opérationnels.
L'évolution de Faire, passée d'une startup en amorçage à une entreprise de plus de 1 000 salariés, a exigé l'abandon de la microgestion centralisée. En établissant des horizons produit de six mois, des unités pluridisciplinaires autonomes, des revues structurées par piliers et une documentation centralisée dans Notion et Google Slides, la société s'est dotée d'un socle opérationnel capable de préserver un alignement stratégique à grande échelle.
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