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06.10.2026 · Signal Titans Editorial

La géométrie de la protection : comment la manipulation de disquettes dans les années 1970 a lancé la guerre des DRM

Comment les manipulations de disquettes par les éditeurs et hackers des années 1970 ont posé les bases de la gestion moderne des droits numériques.

Illustration d'une disquette vintage de 5,25 pouces fissurée posée à côté d'un crochet métallique sur une surface en ardoise sombre.

À la fin de l'année 1979, le jeu Microsoft Adventure sort sur disquette pour le TRS-80 de Radio Shack, introduisant l'un des tout premiers systèmes de protection physique contre la copie pour micro-ordinateur. Les disquettes standard de 5,25 pouces du TRS-80 structuraient le support en 35 anneaux concentriques appelés pistes, numérotés de 0 à 34. Chaque piste contenait 10 secteurs de taille égale, capables de stocker 256 octets de données. Microsoft a modifié cet agencement standard afin d'empêcher le duplicata non autorisé des disquettes, altérant ainsi la structure physique du support logiciel.

Photographie: Richard Garriott
Photographie: Richard Garriott. Photo: NASA. Wikimedia Commons · Public domain. Redimensionnement et conversion en WebP ; sans retouche.

La corruption de secteurs : la percée sur TRS-80

Dès la fin de la piste 0, Microsoft Adventure réétiquetait les pistes 1 à 34 en les numérotant de 127 à 61 selon des décréments de 2. Le code d'amorçage du jeu insérait un correctif au sein des routines système standard afin de lire ces pistes au numérotage inhabituel. Sans ce correctif, les utilitaires du système d'exploitation ordinaire du TRS-80 s'avéraient incapables de localiser les secteurs ou d'accéder au logiciel, provoquant l'échec des outils de copie de fichiers et des copieurs de secteurs habituels.

La contre-attaque australienne

Selon les récits historiques de la micro-informatique naissante, ces mécanismes de protection ont rapidement éveillé la curiosité de jeunes passionnés de technique. L'adolescent australien Nick Andrew s'est mis en tête de déjouer la protection de Microsoft Adventure. En l'espace de deux jours environ, Andrew a entièrement réécrit le programme de formatage de disquette du TRS-80 afin de préparer des supports configurés avec la numérotation atypique du jeu, puis il a adapté le copieur standard pour qu'il puisse lire et écrire sur ces pistes réétiquetées. Après avoir cloné la disquette avec succès, Andrew a réalisé qu'il pouvait éliminer totalement le verrou. En modifiant son copieur personnalisé pour lire l'agencement alternatif mais écrire les données selon le format standard du TRS-80, et en supprimant le chargeur d'amorçage spécifique du jeu, il a rendu Microsoft Adventure duplicable au moyen des outils système ordinaires.

Demi-disquettes et prologues dynamiques sur Apple II

À mesure que la complexité des logiciels augmentait, les systèmes de protection contre la copie devenaient plus élaborés. En 1983, le développeur Richard Garriott, alors âgé de 22 ans, publie Ultima III via sa société Origin Systems. Garriott et ses collègues ont mis en place une protection matérielle complexe adaptée au format de disquette de l'Apple II. Le système de disquettes de l'Apple II offrait une densité supérieure à celle du TRS-80, exploitant 16 secteurs de 256 octets par piste pour une capacité totale de 140 Ko.

Pour la disquette d'amorçage d'Ultima III, Garriott a utilisé un format de demi-disquette, ne formatant que les pistes 0 à 16 et déplaçant le répertoire du disque de son emplacement classique sur la piste 17 vers la piste 7. De plus, Ultima III modifiait les séquences d'octets de prologue et d'épilogue qui encadraient chaque secteur sur Apple II. Alors que les logiciels standards s'appuyaient sur des valeurs fixes dans ces champs, la routine personnalisée de lecture et d'écriture de secteurs (RWTS) d'Ultima III faisait varier dynamiquement les numéros de prologue et d'épilogue d'une piste à l'autre et d'un secteur à l'autre. Les utilitaires de disquette standard ne pouvaient lire le lecteur sans la table de correspondance propriétaire intégrée au jeu.

Les fondations de la gestion des droits numériques

Ces premiers affrontements entre manipulation des contrôleurs de disque et injection de code à bas niveau ont posé les jalons de la gestion des droits numériques. Les éditeurs de logiciels ont montré que des ajustements de la structure physique pouvaient poser des obstacles temporaires, tandis que les hackers démontraient que l'analyse du code à bas niveau permettait de démêler n'importe quelle routine sur mesure.

La course aux armements techniques de la fin des années 1970 et des années 1980 a prouvé qu'aucun verrou fondé sur un support physique ne pouvait rester infranchissable une fois le code chargé dans la mémoire système. La gestion moderne des droits numériques et l'ingénierie inverse s'appuient toujours sur les concepts structurels développés à cette époque, démontrant que ces premiers efforts pour protéger les disquettes ont établi les principes fondateurs de la sécurité numérique.

Image de couverture : illustration générée par IA ; ce n’est pas une photographie documentaire.

Source: A Pirate’s Life for Me, Part 3: Case Studies in Copy Protection