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06.10.2026 · Signal Titans Editorial

Séparer le circuit du logiciel : comment le BIOS de Gary Kildall a défini CP/M

La création du BIOS par Gary Kildall pour CP/M a isolé les routines matérielles du cœur logiciel, établissant la portabilité des systèmes d'exploitation modernes.

Une disquette de huit pouces de couleur anthracite reposant sur une surface en cuivre poli sous un éclairage doux.

En 1974, l'informaticien Gary Kildall examine à Pacific Grove, en Californie, un lecteur de disquettes de huit pouces offert par Shugart Associates. Le lecteur présentait des roulements usés, aucun boîtier, aucune alimentation et aucun contrôleur matériel. Kildall, enseignant à la Naval Postgraduate School de Monterey, concevait alors des outils logiciels pour les premiers microprocesseurs d'Intel à l'aide de PL/M, un langage de haut niveau qu'il avait développé en 1972. Afin de permettre aux micro-ordinateurs de lire et d'écrire leurs propres logiciels sans passer par des systèmes de rubans perforés, Kildall a écrit un système d'exploitation nommé Control Program/Monitor (CP/M) pour le système de développement Intellec-8 d'Intel.

La disquette et le prototype de jardin

À l'automne 1974, l'ingénieur en électricité John Torode construit un contrôleur de disque câblé à la main pour relier le logiciel de Kildall au lecteur physique. Après avoir chargé patiemment le code machine en mémoire à l'aide d'un lecteur de ruban perforé Teletype Model 33, le matériel s'initialise et affiche la toute première invite de commande de CP/M. Mettant à profit le potentiel du système, Torode fonde Digital Systems, qui conclut les premiers contrats de licence commerciaux de CP/M en 1975 avec Omron of America pour des terminaux intelligents et avec les Lawrence Livermore Laboratories pour la surveillance de réseau.

Le problème IMSAI et la naissance du BIOS

À mesure que les micro-ordinateurs se multiplient, l'adaptation de CP/M à des configurations matérielles variées menace de devenir ingérable. En 1976, le consultant Glenn Ewing aborde Kildall avec un dilemme bien précis : le constructeur IMSAI Incorporated a livré des sous-systèmes de disques à ses clients en leur promettant un système d'exploitation, mais le matériel nécessite des routines logicielles sur mesure. Plutôt que de réécrire l'ensemble du système d'exploitation pour IMSAI, Kildall décide d'isoler tout le code dépendant du matériel dans un module distinct. Il nomme cette nouvelle couche architecturale le Basic Input/Output System, ou BIOS.

Quatre couches d'architecture portable

La création du BIOS divise CP/M en quatre couches logicielles fonctionnelles distinctes : le BIOS gère les interactions matérielles de bas niveau avec les périphériques physiques spécifiques ; le Basic Disk Operating System (BDOS) administre l'allocation dynamique des fichiers sur disque et les répertoires ; le Console Command Processor (CCP) fournit l'interface de commande du terminal utilisateur ; et la Transient Program Area (TPA) accueille les programmes applicatifs actifs en mémoire. La logique des périphériques étant strictement confiée à la couche BIOS, un programmeur pouvait adapter CP/M pour le faire fonctionner sur virtuellement n'importe quel système compatible Intel 8080 en quelques heures seulement, en ne réécrivant qu'une minime fraction du code.

Une expansion à travers deux cents micro-ordinateurs

Kildall et son épouse Dorothy McEwen fondent la société Digital Research, Incorporated (DRI) à Pacific Grove afin de commercialiser la version 1.3 de CP/M, qui intègre la nouvelle séparation BIOS. DRI accorde une licence CP/M à IMSAI pour un montant forfaitaire de 25 000 $, tout en vendant des copies par correspondance aux passionnés d'informatique pour 75 $. Dès 1980, près de 200 modèles d'ordinateurs différents fonctionnent sous CP/M, y compris des machines portables signées Kaypro et Osborne. Pour tirer parti de l'écosystème logiciel grandissant de CP/M, Microsoft commercialise la carte d'extension SoftCard équipée d'un processeur Zilog Z80 pour les ordinateurs Apple II, permettant aux utilisateurs d'Apple d'exécuter des applications CP/M populaires telles que dBASE et WordStar. En 1982, DRI emploie plus de 200 personnes et génère 20 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel.

La transition vers QDOS et un jalon de l'IEEE

En 1980, le développeur Tim Paterson conçoit QDOS pour Seattle Computer Products en s'appuyant sur le CP/M Interface Guide publié par DRI en 1976, créant un système que Microsoft acquiert sous licence et distribue ensuite sous le nom de MS-DOS. Même si MS-DOS a finalement remplacé CP/M sur les ordinateurs personnels, le modèle architectural modulaire de Kildall a façonné durablement la conception des logiciels système. En avril 2014, l'IEEE appose une plaque commémorative en bronze sur la façade de l'ancien siège de DRI, situé au 801 Lighthouse Avenue à Pacific Grove, en Californie. La séparation fondamentale entre les pilotes de périphériques physiques et les routines principales du système d'exploitation, introduite par le BIOS, demeure l'architecture standard assurant la portabilité logicielle sur les plateformes informatiques modernes.

Illustration éditoriale générée par IA ; ce n’est pas une photographie documentaire.

Source: Early Digital Research CP/M Source Code