30.09.2026 · Signal Titans Editorial
Quand Star Trek est entré dans l’histoire de la NASA
Du nom Enterprise au travail de recrutement de Nichelle Nichols, Star Trek a contribué à façonner la culture publique d’exploration et d’inclusion de la NASA.

Star Trek imaginait un avenir où des personnes d’origines différentes travailleraient ensemble à bord d’un vaisseau parti vers des mondes inconnus. Selon le récit de la NASA consacré à cette relation, cette vision de fiction a fini par s’entremêler avec l’histoire de l’agence, à travers des campagnes publiques, le recrutement d’astronautes et la culture quotidienne des vols spatiaux.

Un nom emporté en orbite
Après l’arrêt de la série originale en 1969, son public a continué de grandir grâce à la syndication. Les fans ont organisé la première convention Star Trek en 1972, puis lancé une campagne de lettres lorsque la NASA a annoncé que son premier orbiteur de la navette spatiale s’appellerait Constitution. Ils souhaitaient que l’appareil porte le nom Enterprise, celui du vaisseau qu’ils admiraient. Leur campagne a abouti : le président Gerald Ford a demandé à la NASA d’utiliser ce nom, et l’orbiteur a été présenté sous le nom d’Enterprise en 1976, en présence de membres de la distribution et du créateur Gene Roddenberry.
Cet épisode rappelle utilement que l’enthousiasme du public peut entrer dans l’histoire d’une institution. Enterprise était un véhicule d’essai, et non un engin destiné à voler en orbite, mais son nom a relié un véritable programme de la NASA à une image de l’exploration largement partagée.
La représentation au service d’un objectif concret
Le lien a également atteint les équipes de la NASA. Dans les années 1970, alors que l’agence recrutait une nouvelle génération d’astronautes pour l’ère de la navette spatiale, elle a demandé à Nichelle Nichols, qui interprétait la responsable des communications Nyota Uhura, de participer à une vidéo de recrutement. Elle s’est rendue au Johnson Space Center, a visité le centre de contrôle des missions et d’autres installations, puis a tourné des séquences destinées à encourager les femmes et les minorités à se porter candidates. Lorsque la NASA a annoncé la sélection de 35 nouveaux astronautes en janvier 1978, des femmes et des membres de minorités figuraient pour la première fois parmi les personnes retenues.
La source de la NASA présente la participation de Nichols comme un élément de cette campagne de recrutement, et non comme l’explication unique de l’évolution du corps des astronautes. Son importance réside dans la rencontre entre une représentation télévisée et une institution réelle qui cherchait à élargir le cercle de ceux pouvant se projeter dans l’exploration.
Un langage culturel partagé
La relation s’est poursuivie de manière plus discrète, parfois ludique. Des visiteurs et des équipages de la NASA ont repris des thèmes de Star Trek dans des photographies de mission et des affiches. Le Window Observational Research Facility de la Station spatiale internationale a reçu l’acronyme WORF, qui faisait écho à un personnage de la série télévisée ultérieure, et son insigne officiel comprenait une inscription klingonne. William Shatner a narré des documentaires de la NASA et reçu la Distinguished Public Service Medal de l’agence en 2014. Leonard Nimoy est ensuite apparu avec la navette spatiale Enterprise, tandis que l’astronaute Samantha Cristoforetti lui a rendu hommage à bord de la Station après sa mort.
La leçon durable relève de la réflexion éditoriale plutôt que d’un lien de causalité : les récits ne déterminent pas l’avenir, mais ils peuvent fournir aux gens un vocabulaire pour y trouver leur place. Star Trek a offert à la NASA une image de la coopération entre les cultures, et la NASA a donné à cette image des lieux, des missions, des noms et des personnes bien réels.
Image de couverture : illustration générée par IA ; ce n’est pas une photographie documentaire.