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07.10.2026 · Signal Titans Editorial

Le projet de loi policier à Trinité-et-Tobago suscite des inquiétudes sur la saisie d’appareils numériques

À Trinité-et-Tobago, le projet de loi de 2026 élargit les pouvoirs de la police, menaçant la saisie d'appareils numériques et la protection des sources.

Illustration éditoriale montrant un grand cadenas en acier verrouillé autour d'un smartphone en verre bleu foncé posé sur une surface en ardoise sombre.

Trinité-et-Tobago a adopté le projet de loi sur les opérations spéciales de 2026 le 24 septembre, introduisant des pouvoirs accrus de perquisition et de saisie pour la police. Les organisations de médias avertissent que ces mesures pourraient compromettre la liberté de la presse et la confidentialité numérique. Bien que les autorités affirment que le texte vise à lutter contre la criminalité et les taux de meurtre élevés dans le pays, les journalistes et les groupes de défense des droits s'inquiètent de l'absence de protections explicites pour les appareils numériques et les sources confidentielles.

La saisie d'appareils menace les sources confidentielles

Selon le texte actuel de l'article 15, la législation empêche les forces de l'ordre de saisir les instruments d'un commerce ou d'une activité légitime, ainsi que les documents protégés par le secret professionnel de l'avocat. Néanmoins, l'Association des médias de Trinité-et-Tobago (MATT) a souligné que le journalisme n'est pas explicitement défini comme une activité protégée, et que le texte n'établit aucune procédure pour gérer le matériel journalistique confidentiel découvert lors des perquisitions. Le président de la MATT, Prior Beharry, a demandé une modification urgente de l'article 15 afin de protéger explicitement les smartphones, ordinateurs portables et fichiers confidentiels des journalistes contre la confiscation policière ordinaire.

Risques accrus de surveillance numérique

Les défenseurs des médias rappellent que le journalisme d'investigation moderne repose presque entièrement sur des outils numériques pour conserver des notes et échanger avec des lanceurs d'alerte. Le journaliste indépendant Pearce Robinson a noté que l'association de vastes pouvoirs de perquisition et d'une surveillance étatique crée des risques croissants pour les professionnels de l'information. Pearce Robinson a mis en avant des données montrant que les juges ont approuvé 314 mandats d'interception de communications entre 2020 et mai 2026, avertissant que la vulnérabilité des appareils rend les sources confidentielles d'autant plus réticentes à partager des informations essentielles.

Formulation vague et contestations juridiques

Les défenseurs des droits humains ont également formulé des objections juridiques quant à la portée de cette loi. Pedro Cárdenas, de l'organisation de défense des droits humains Article 19, a critiqué la disposition autorisant les forces de l'ordre à saisir des articles ou documents jugés d'une valeur substantielle, qualifiant cette formulation de vague et potentiellement contraire aux normes internationales relatives aux droits humains. De son côté, l'ancien Premier ministre Stuart Young a qualifié la législation d'inconstitutionnelle et de dangereuse, prévenant que l'élargissement des pouvoirs de perquisition d'urgence sans garanties constitutionnelles solides augmente le risque d'abus.

Illustration éditoriale générée par IA ; ce n’est pas une photographie documentaire.

Source: Outcry in Trinidad and Tobago after passing of police bill that could threaten press freedom