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09.10.2026 · Signal Titans Editorial

À 200 pieds au-dessus d’Ellington : comment le crash de Neil Armstrong en 1968 a sauvé l’alunissage

En mai 1968, Neil Armstrong a survécu au crash d'un engin d'entraînement à réaction à la base d'Ellington, entraînant des corrections cruciales pour Apollo 11.

Une illustration éditoriale d'un engin d'entraînement expérimental à structure ouverte suspendu en plein vol sous un parachute déployé orange et blanc au-dessus d'une piste désertique.

Le 6 mai 1968, à 200 pieds au-dessus du tarmac de la base aérienne d'Ellington à Houston, cinq minutes après le début d'une descente lunaire simulée de routine, les propulseurs de contrôle de l'astronaute de la NASA Neil A. Armstrong s'éteignent soudainement. L'appareil qu'il pilote, le Lunar Landing Research Vehicle-1 (LLRV-1), bascule brutalement hors de contrôle. Conçue par Bell Aerosystems, cette machine à structure ouverte avait été construite pour résoudre un défi technique majeur : entraîner les astronautes à se poser sur la Lune tout en évoluant sous les contraintes atmosphériques et gravitationnelles de la Terre.

Photographie: Neil A. Armstrong
Photographie: Neil A. Armstrong. Photo: Unknown author Unknown author. Wikimedia Commons · Public domain. Redimensionnement et conversion en WebP ; sans retouche.

Simuler un sixième de la gravité terrestre

Bell Aerosystems a construit deux LLRV et trois Lunar Landing Training Vehicles (LLTV) offrant une fidélité accrue pour le compte de la NASA. Chaque véhicule s'appuyait sur un turboréacteur orienté vers le bas et monté sur cardan pour compenser les cinq sixièmes du poids total de l'engin, recréant ainsi efficacement la gravité réduite de la Lune. De petits propulseurs au peroxyde d'hydrogène assuraient le contrôle d'attitude en tangage, roulis et lacet. Avant le transfert des opérations à Houston, la phase initiale des essais en vol s'est déroulée sur la base aérienne d'Edwards, en Californie, entre 1964 et 1967.

Cinq minutes avant l'éjection

Le 6 mai 1968, Neil Armstrong prend place à bord du LLRV-1 pour effectuer son 22e vol à bord de cet appareil. Cinq minutes après le décollage, alors qu'il exécute un profil de descente lunaire simulée, l'engin d'entraînement subit une défaillance inattendue de ses propulseurs de contrôle. Le véhicule perd rapidement de l'altitude et s'incline de manière incontrôlable. Réalisant que l'appareil ne peut plus être sauvé à environ 200 pieds du sol, Armstrong déclenche son siège éjectable. Il s'extrait de l'engin en perdition quelques secondes seulement avant que celui-ci ne s'écrase dans le champ et n'explose. Parachuté sans la moindre blessure, Armstrong était de retour à son bureau plus tard dans l'après-midi.

Remonter la piste de la fuite d'hélium

À la suite du crash, le directeur du Manned Spacecraft Center, Robert L. Gilruth, met en place une commission d'enquête présidée par Joseph S. Algranti, chef du bureau des opérations aériennes et pilote d'essai expérimenté. L'enquête révèle qu'une perte de pression d'hélium a épuisé prématurément le peroxyde d'hydrogène alimentant les propulseurs d'attitude de réserve. De plus, l'instrumentation du cockpit n'a pas fourni à Armstrong d'avertissement adéquat concernant cette chute de pression. Les ingénieurs ont corrigé ces défauts mécaniques et repensé le système d'alerte des instruments, permettant la reprise des vols d'entraînement en octobre 1968 avec le LLTV-1 remis à jour.

Du tarmac d'Ellington à la mer de la Tranquillité

Les révisions techniques ont rétabli la sécurité du programme d'entraînement sans en sacrifier le réalisme. Armstrong a ensuite accumulé un total de 21 vols sur LLRV et 6 vols sur le LLTV, plus fidèle, effectuant sa dernière simulation seulement trois semaines avant le départ d'Apollo 11 pour l'espace. Le 20 juillet 1969, Armstrong a guidé avec succès le module lunaire Eagle jusqu'à la surface de la Lune. Il notera plus tard que le véritable atterrisseur s'était comporté de manière presque identique aux 50 à 60 descentes d'entraînement réalisées à bord du simulateur terrestre.

Les modifications matérielles et les sessions de simulation rigoureuses ont permis à tous les commandants des missions d'alunissage Apollo ultérieures de réussir leur descente vers la Lune. Aujourd'hui, les engins d'entraînement rescapés demeurent préservés pour l'histoire : le LLRV-2 est conservé au musée des essais en vol de l'Air Force sur la base aérienne d'Edwards, tandis que le LLTV-3 est suspendu dans le hall de l'auditorium Teague au Johnson Space Center à Houston.

Image de couverture : illustration générée par IA ; ce n’est pas une photographie documentaire.

Source: Astronaut Armstrong Survives LLRV Crash