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05.10.2026 · Signal Titans Editorial

Avant les jardins fermés : comment FOAF a imaginé un Web social décentralisé

En 2000, Dan Brickley et Libby Miller ont créé FOAF, un standard ouvert conçu pour relier des profils sociaux décentralisés sur le Web naissant.

Illustration éditoriale d'un nœud central en verre turquoise brillant relié à des nœuds environnants par des fils dorés sur un fond indigo profond.

En 2000, les développeurs web Dan Brickley et Libby Miller ont publié un document technique présentant un nouvel outil conçu pour permettre aux ordinateurs d'analyser les informations personnelles hébergées directement sur des pages d'accueil individuelles. Selon Two Bit History, l'initiative était à l'origine connue sous le nom de projet RDF Web Ring, avant d'être rebaptisée Friend of a Friend, couramment abrégé en FOAF. Émergeant à l'apogée du mouvement naissant du Web sémantique, Brickley et Miller visaient à établir un standard ouvert, lisible par les machines, pour décrire les individus et leurs relations. Le projet proposait ainsi un cadre décentralisé pour les données personnelles des années avant que les réseaux centralisés ne dominent Internet.

Un standard ouvert avant les jardins fermés

Le standard FOAF a établi un langage informatique spécialisé définissant un dictionnaire de termes liés aux personnes à l'aide de données structurées. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, les architectes logiciels pensaient largement que l'innovation sur Internet continuerait de reposer sur des protocoles ouverts et fondés sur des standards, plutôt que sur des jardins fermés propriétaires. Brickley et Miller ont créé FOAF afin que des logiciels automatisés puissent interpréter les détails d'identité des utilisateurs sur leurs pages d'accueil personnelles aussi facilement qu'un lecteur humain lit du texte HTML. En publiant des descripteurs normalisés sur des pages web indépendantes, les individus pouvaient partager des données sociales à travers le Web tout en conservant le contrôle de leurs informations de profil.

Au cœur d'un dictionnaire social lisible par les machines

Pour représenter des personnes et des groupes dans un code lisible par les machines, la spécification FOAF définissait des classes concrètes basées sur le Resource Description Framework (RDF), notamment Person et Organization. Le standard a établi des propriétés explicites pour exprimer des détails personnels et des déclarations logiques, comme givenName pour les prénoms, familyName pour les noms de famille, myersBriggs pour la classification des personnalités, ou encore based_near pour préciser la localisation géographique. Les documents de profil FOAF utilisaient le langage de balisage RDF pour structurer ces affirmations. Bien que les premiers profils FOAF aient été formatés avec la syntaxe XML, la spécification pouvait également employer des formats de données structurées plus récents comme JSON-LD, maintenant ainsi une compatibilité avec les applications modernes.

Automatiser les graphes sociaux décentralisés

Afin de permettre aux internautes ordinaires de générer des fichiers de profil structurés sans rédiger de code de balisage brut, des développeurs ont lancé des outils web tels que FOAF-a-matic. En saisissant leurs informations personnelles dans un formulaire web basique, les utilisateurs de FOAF-a-matic obtenaient un document de profil XML valide qu'ils pouvaient mettre en ligne sur leur page d'accueil. La véritable force de ces profils résidait dans leur capacité à relier des pages web distinctes grâce à des éléments imbriqués. Un document pouvait contenir un élément foaf:knows pour identifier un ami, combiné à un lien rdfs:seeAlso pointant directement vers le propre document FOAF de cet ami sur un serveur externe, tissant ainsi un graphe web interconnecté entre des domaines indépendants.

La promesse de réseaux web interopérables

Dès 2004, les chroniqueurs spécialisés en technologie présentaient FOAF comme un mécanisme pratique pour unifier les profils d'utilisateurs entre les premières plateformes émergentes telles que Friendster, Orkut et Flickr. Les observateurs soutenaient qu'un standard ouvert universel éliminerait la friction liée à la prolifération des réseaux sociaux en permettant aux utilisateurs de conserver un document de profil unique et lisible par les machines sur leur page d'accueil, que les sites externes pourraient importer automatiquement. Même si le réseautage social moderne s'est finalement consolidé autour de plateformes d'entreprise fermées et de services centralisés, FOAF a démontré que des graphes sociaux décentralisés et lisibles par les machines étaient pleinement viables sur le plan technique, bien avant que la dominance des plateformes actuelles ne redessine le paysage du Web.

Illustration éditoriale générée par IA ; ce n’est pas une photographie documentaire.

Source: 0b10 0b10 Friend of a Friend: The Facebook That Could Have Been